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  • Le choix de Vivendi

    Cruel dilemme que celui de SFR, appelée aussi Société Français de Radiotéléphonie (acronyme qui ne s’invente pas), dont le groupe propriétaire, VIVENDI, souhaite se défaire.

    Rappelons nous que Vivendi, était dans le giron de la Générale des Eaux, qui s’est déjà défait des groupes actuels du bâtiment, à travers Vinci, des eaux et services, à travers Veolia et pour lequel il ne resterait que les secteurs des communications et de télévision dont Canal plus.

    US-ECONOMY-VIVENDI
    Jean Marie Messier (ancien PDG remercié de Vivendi)

    3 solutions s’offrent à SFR :

    – mettre la société en bourse, apporter ainsi un capital aux détenteurs, mais cette ouverture peut ne pas générer le cash attendu et aujourd’hui ne se détache pas de chef de file industriel. Cela maintiendrait les 4 opérateurs soit lui même, Orange, Bouygues et Free, mais les marges, à cause de l’arrivée du petit dernier tendent à se réduire. C’est pourquoi Vivendi préfère aujourd’hui vendre.

    – accepter l’offre de Bouygues, qui est la mieux disante financière, plus de dix milliards d’euros, mais qui se trouve strictement être acteur dans le même métier. Les conséquences sont prévisibles. Les services support et les services commerciaux feront double emploi, le chômage guette les salariés, malgré les déclarations de bonne intention de Bouygues. Cette solution ne nécessitera qu’une simple augmentation de l’endettement de l’acquéreur largement compensée par la vente de son réseau à FREE

    – accepter l’offre de Numéricable moins avantageuse financièrement. En revanche cette proposition élargirait le métier de l’acquéreur, il y a donc moins de chance de redondance dans le double emploi, sauf dans l’activité du fixe et internet. Là aussi il y aura des dégâts en terme d’emplois, mais moindre qu’avec Bouygues. Numéricable, est une société de taille et de chiffre d’affaire bien inférieur à SFR, le petit mangerait ainsi le gros. Axa a ainsi absorbé le numéro un de l’assurance, l’UAP. Mais on ne prête qu’aux riches et ceux ci bénéficieront de prêts bancaires à des taux élevés. Il faudra donc rentabiliser la nouvelle société pour procéder aux remboursements nécessaires. Cette offre permet néanmoins de maintenir 4 opérateurs en France.

    fourtou et bolloré

    JR Fourtou (remercié) et son successeur

    On assistera ainsi, sauf à ce que l’affaire soit reportée, à un véritable choix économique. Une complémentarité de métier, un emploi donc moins menacé, le maintien de 4 opérateurs, donc une concurrence maintenu, mais une offre financière très inférieure, c’est le choix de Numéricable.

    Plus d’argent, un opérateur en moins, c’est le choix normal du capitalisme et sa tendance à la concentration du capital et à la diminution de la concurrence.

    A n’en pas douter, l’EUROPE aura à intervenir.

    Le gouvernement français aura également à choisir entre BOUYGUES qui vient de s’enrichir en vendant son réseau à FREE et illustre filiale TF1 ou un obscur financier domicilié en Suisse.

    bolloré
    le boss

    VIVENDI, avec à sa tête prochainement,Vincent Bolloré, saura défendre son intérêt strictement financier. Les salariés de SFR, quel que soit le choix retenu, faire entrer le loup dans la bergerie, ou faire entrer celui qui acquiert avec l’argent des autres, n’y trouveront jamais leur compte, d’ailleurs on ne leur demande pas leur avis.

    Le monde poursuit sa route …


  • Impots à la source, un faux débat

    Qu’est-ce que l’impot sur le revenu à la source ?

    A priori c’est une bonne chose. C’est faire en sorte que pour les salariés de France, l’impôt sur le revenu soit calculé, comme les charges, sur la base du salaire mensuel, de sorte que ce qui s’affichera en bas, à droite de la feuille de paie, sera ce qu’il gagne réellement (charges et impôts retirés). Hormis la TVA, à la consommation, bien entendu.

    Que l’on soit de droite ou de gauche, cela ne devrait pas faire l’objet de débats, c’est un problème technique. Et pourtant la droite s’y oppose. Pourquoi ?

    Parce que actuellement les impôts sont calculés, sur la base des revenus, donc des appointements pour les salariés, et selon des tranches.

    bareme

    Pour rappel (chiffres arrondis), pour les revenus 2013 :
    de 6000 à 12 000 on paie 5,5 % d’impôts sur cette première tranche
    de 12 000 à 26 500 on paie 14 % sur cette seule tranche de revenus
    de 26 500 à 71 000 on paie 30% sur cette seule tranche de revenus
    de 71 000 à 151 000 on paie 41% sur cette seule tranche de revenus
    au delà de 151 000 on paie 45 % sur cette seule tranche.

    Ainsi,sans tenir compte du nombre de part, si on gagne 30 000 euros nets par an, on paie
    12 000 – 6000= 6 000 X 5,5% = 330 euros
    26500 – 12 000 = 14 500 X 14 % = 2030 euros
    puis 30 000 – 26 500 = 3500 X 30 % = 1050 euros

    soit un total de 3 410 euros ( 3410/30 000)soit 11,30% de ses revenus, et nous sommes sur ce qu’on appelle un taux marginal d’impôts de 30% (TMI).. Le plus haut montant de revenu est effectivement imposé à 30%.

    Il y a fort à parier qu’avec le prélèvement à la source, on continuera à faire jouer au moins une première tranche car elle protège les plus faibles revenus. En effet, les tranches visent à réduire les différences de revenus.

    Ainsi, si l’impôt à la source est retenu, on conservera une première tranche faible (5,5 %) de 6 000 à 12 00 euros . Mais on pourra habilement, pour les revenus qui sont réputés non protégés, affecter un taux de 20 % ou 25 %, toujours inférieur à ce fameux taux marginal sur lequel tout le monde se fixe.
    Ainsi par exemple un taux d’imposition de 25 %, ne choquera personne (inférieur au 30% de TMI) et l’impôt, même en maintenant la tranche « sociale » protégée, sera de 4 830 euros , au lieu de 3 410 euros. Evidemment si ce taux s’appliquait sur l’ensemble des revenus, le montant à prélever serait moins importants pour les millionnaires en revenus. Une idée à garder pour nos libéraux.

    Voilà, de manière lapidaire ce que craint la droite, que l’impôt à la source soit à l’origine d’une augmentation déguisée de l’impôt sur le revenu.
    Ce n’est pas l’impôt à la source qui est critiqué, mais sa capacité à rendre acceptable par les français, un montant plus élevé. Il est vrai, lorsque l’Etat est en recherche de ressources supplémentaires, c’est très tentant, c’est pourquoi, avec l’impôt à la source, les classes moyennes seront très certainement les plus touchées.
    Donc le seul débat reste, les tranches et les taux seront ils modifiés ?

    Cet impôt sera bien entendu mensualisé, et donc moins douloureux pour ceux qui ont conservé le paiement par tiers provisionnel.
    D’autre part, l’impôt à la source est assez peu différent du paiement de l’impôt sous forme de mensualisation. Au lieu de diviser la somme par 10, comme la mensualisation actuelle, on la divisera par 12, le nombre de salaires par année. C’est plutôt favorable au salarié. Seule l’éventuelle augmentation du salaire sera immédiatement grevée par l’impôt.

    Il ne faut pas oublier également qu’il n’existe pas de geste de paiement lorsque le montant est retenu à la source. On ne paie plus puisque la somme est prélevée. Toujours moins de douleur.

    La réflexion, au lieu de se consacrer au comment, à la source ou non, doit privilégier le pourquoi, combien et à quoi cela sert-il ?

    revenus On distingue que ce sont les classes aisées et moyennes qui paieront

    A quoi sert l’impôt ? A payer tous les budgets de la Nation, mais surtout la fameuse dette.
    Si l’on veut plus de ressources il existe 4 recettes possibles :
    – les cotisations sociales
    – l’impôt sur le revenu, l’impôt direct
    – l’impôt sur la consommation, l’impôt indirect, qu’est principalement la TVA qui rapporte beaucoup plus que l’impôt précédent
    – l’impôt sur le patrimoine, ou aujourd’hui, principalement l’ISF (impôt sur la fortune)

    Aujourd’hui, pas question d’augmenter l’impôt sur le revenu (sauf de manière déguisée comme on l’a vu) ni les cotisations sociales. M Moscovici déclare qu’on en paie trop.
    Aujourd’hui pas question d’augmenter l’impôt sur la consommation; la TVA va passer à 20% au 1er janvier 2014. Cela fait jaser la gauche extrême.

    patrimoine 20% de la population la plus riche dispose de 65% du patrimoine (48+17), 10% des plus riches en possèdent 48%

    Alors pourquoi ne pas toucher au patrimoine ? Non cela ne se fait pas dans une économie libérale.
    Pourtant, les calculs ont été faits. Il suffit de 17 % d’imposition sur l’ensemble du patrimoine pour libérer la France de cette dette insoutenable et qui grève le futur.

    17% sur le patrimoine financiers, mobilier, immédiatement
    17% à valoir sur le patrimoine immobilier, immédiatement ou au moment du décès du propriétaire
    Seraient exonérés les 30 000 premiers euros.

    Ces 17 % seront appliqués une fois, et ils nous permettraient de repartir sur une situation saine, sans les frais financiers qui courent et augmentent d’année en année. D’ailleurs le FMI (Fonds Monétaire International) ne commence-t-il pas à s’intéresser à cette manne des pays riches qui disposent de patrimoine et d’épargne ?

    Alors au lieu d’évoquer les petits problèmes techniques, pourquoi nos grands savants de l’économie n’imposent-ils pas sur la vraie richesse. Sur cette richesse qui s’accumule pour quelques uns alors que les revenus mensuels stagnent ou diminuent pour la plupart.

    On dit que les français seraient très attachés à l’héritage et donc au patrimoine.

    Impossible, ils inventent des tranches de revenu qui tendent vers l’égalité.
    Impossible, 10% possèdent 58 % du patrimoine, ce qui est très inégalitaire

    Alors, chiche. On s’occupe du patrimoine plutôt que des revenus.

    les deux derniers schémas ont pour auteurs MM PICKETTY ET BERRUYER


  • Le tapering, paradoxe de la reprise américaine

    Qu’on aime ou pas l’Amérique et les valeurs qui l’accompagnent, c’est un bon signe que de voir une reprise se dénouer aux Etats Unis. Le chômage baisse, le marché de l’immobilier remonte légèrement et la consommation augmente, la croissance revient. Quoi de mieux ?

    Et bien cela ne fait pas plaisir aux investisseurs américains. En effet, tant que la crise est patente, l’Etat américain par des jeux de garantie, de rachat de dettes, c’est à dire, par la planche à billets, relance la machine économique.

    Ce que craignent les investisseurs américains, c’est que la planche s’arrête de fournir, que cette divine « providence » cesse. C’est ce qu’on appelle le tapering. Donc se serrer la ceinture. En effet, la FED, banque centrale américaine, diminuera logiquement ses apports de liquidités, si le chômage baisse.

    serrer la ceinture

    Alors les investisseurs américains sont inquiets et les français suivent.

    Le monde de la finance craint donc la baisse du chômage quant tous les peuples s’en réjouissent. Il a besoin, à l’inverse de sa théologie libérale c’est à dire un monde de concurrence pure et parfaite, des subsides de l’état pour se rassurer.

    Si le chômage baisse il y aura moins d’argent, d’aide de l’état, cela paraît logique pour tout un chacun. Mais pas pour eux.

    Plus concrètement, en analysant le cours des actions en France par exemple, lorqu’une annonce de licenciements est déclarée, le niveau de l’action remonte. Là aussi les investisseurs apprécient le chômage.

    Décidément les financiers marchent sur la tête, leurs objectifs, comme disait Francois Hollande, vont bien à l’inverse du bien commun.


  • La planche à billets américaine

    L’euro, monnaie européenne se mesure principalement dans le rapport qu’il entretient avec le dollar américain. Lorsqu’on dit qu’il monte ou qu’il baisse, ou qu’il faudrait le dévaluer (diminuer sa valeur d’échange), c’est toujours par rapport au dollar américain. En effet depuis les accords de Bretton Wood (1944 ), le dollar est la seule référence internationale, l’or n’est plus la valeur de référence.

    Aujourd’hui on observe une baisse de l’euro.

    Il est à 1,34 $, il a été il y a deux ans jusqu’à 1,47 $ mais il a aussi été à 1,21 $. Ces extrêmes représentent un écart de 10 %.
    Ces dernières semaines il semble amorcer une baisse, mais est ce une calamité ?

    Cette baisse serait le résultat d’incertitudes au niveau de la FED (banque centrale américaine), sinon une crainte d’une déflation en Europe (baisse des prix, décroissance de l’économie).

    Cette baisse de l’euro peut être considérée comme bienvenue, puisqu’ainsi les prix de vente des marchandises et des services (français par exemple) baissent sur le marché mondial et donc cette baisse favorise les exportations. Elle est aussi un handicap puisque nous achetons, le pétrole en particulier, plus cher, il faut plus d’euros pour la même quantité de pétrole dont le prix est fixé en dollars.

    planche à billets

    A quoi est due cette variation. Tout simplement à la bonne vieille planche à billets américaine, qu’on appelle pudiquement « assouplissement quantitatif,programme de rachat d’actifs, soutien de l’économie, politique accommodante » et qui consiste à injecter du dollar sur le marché mondial. Plus on injecte de dollars, plus la valeur de cette monnaie baisse et donc plus la valeur de l’euro monte (on achète avec un euro plus de dollars ou de pétrole). Donc si l’euro baisse, c’est que la machine à billets américaine ralentit, mais elle continue à tourner, plus lentement il est vrai, sur les « recommandations » de la FED.

    Certains membres du gouvernement français réclamaient une baisse de l’euro. On pourrait penser qu’ils demandaient indirectement de faire marcher la planche à billets européenne. Mais cette décision de produire plus de monnaie, appartient à la Banque Centrale Européenne (BCE) qui doit obtenir l’accord des allemands très attachés à un euro fort.

    Donc si l’euro baisse c’est essentiellement dû à une décision américaine.
    Ceci permet d’augmenter les exportations de marchandises et de services, est ce une calamité ?


  • TAXE sur les transactions financières

    Encore une réforme de nature morale en moins.

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    Pour réduire les écarts de revenus, ne pas favoriser ceux qui s’enrichissent en dormant, un peu punir l’enrichissement sans cause, il était prévu dans le programme socialiste que les mouvements boursiers seraient taxés. C’était la taxe sur les transactions financières qui pouvait s’élever de O,1 à O,2 % du montant de leur mouvement.

    Cette taxe, à forte connotation morale, permettait aussi de contribuer à la maîtrise du budget de l’état.

    Et bien il n’en est rien. Elle est abandonnée car non consensuelle au niveau européen.
    Même son initiateur M ECKERT, parlementaire, la pourfend.

    Normal dans un monde réaliste qui se doit de négliger la morale et s’assoit sur les convictions qui n’appartiennent qu’à ceux qui y croient.


  • 17 % du patrimoine pour supprimer la dette de l’Etat

    17 % seulement 17 % de la valeur de notre patrimoine pour rembourser la dette de l’Etat Français. C’est peu non ?

    DETTE FRANCE

    Il suffirait donc d’imposer à 17% chacun d’entre nous, sur ses biens, qu’ils soient financiers ou immobiliers, pour les entreprises et les personnes, pour absorber les dettes de l’état.

    Ce calcul a été fait, en exonérant, les dix premiers pourcents du patrimoine. Donc cette mesure ne s’appliquerait pas pour les personnes disposant d’un patrimoine inférieur à 30 000 euros. Combien s’en trouverait léser.

    On comptabiliserait certes par anticipation la valeur au plan comptable, mais on exigerait cet impôt qu’au moment du décès de la personne pour ce qui concerne le patrimoine immobilier.
    Nos générations futures s’y retrouveraient et n’auraient plus à supporter ce poids. Les jeunes seraient rarement imposés, car n’étant souvent pas encore à la tête de fortune. Seuls les plus anciens le seraient, sans perdre l’usage de leur bien immobilier. Il n’est que justice d’imposer l’accumulation.

    Beaucoup seraient prêts à se résoudre à cette formule.

    Cette proposition a été formulée dans un numéro de « CHALLENGES »,du 31 juin 2013, il est vrai, veille des vacances estivales.

    Cette information, à notre connaissance n’a obtenu presque aucun relais de communication. Mis à part quelques économistes sur le web, on ne pourra que s’étonner que cet article de M J.DELPLA (économiste voir photo) n’ait pas eu l’audience qu’il aurait justifié.

    Opposé à cet article, chacun pouvait exprimer un point de vue, rendre le débat public, 2 ou 3 spécialistes l’ont fait.

    Cette formule, simple, les 17%, représente t elle un danger et donc un interdit idéologique ?

    Non, même Mme LAGARDE, Présidente du FMI, déclare (timidement, peu d’échos de la presse) qu’une taxe de 10 % sur le patrimoine permettrait de passer à un autre débat que celui de la dette.

    Mais, en économie les doctrinaires sont toujours les dominants. L’école libérale a de beaux jours devant elle.

    Nous joignons l’adresse web

    http://www.challenges.fr/economie/20130530.CHA0010/gommer-la-dette-publique-d-un-coup-chiche-l-economiste.html