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  • Très belle Adèle

    Le scénario : une jeune fille vit la vie tout à fait ordinaire d’une adolescente. Puis elle croise le regard de l’autre, elle le rencontre, ils se parlent, ils se désirent puis font l’amour, tendrement, sauvagement, ils sont heureux. Rencontrent les parents de l’autre, complices ou ignorants de ce qui les unit.

    Le temps passe, ils s’aiment. Mais il va en rencontrer une autre avec qui il voudra fonder une famille, et abandonne cet amour passionné pour un projet ou la raison l’emporte.

    Elle reste seule, vit quelques aventures puis le retrouve et elle le veut, le désire toujours. Lui, définitivement s’en détournera pour poursuivre cette fidélité familiale sans jouissance des corps. C’est la fin du scénario.

    Il suffit de remplacer lui, par elle et on découvre la particularité de ce film. Adèle remplace Abdel.

    Un scénario qui tient de l’évidence, peu original, éculé diront certains et qui ne vaudra que par le traitement qu’en fera son réalisateur. C’est en effet un très beau film que celui d’Abdel Kechiche, qui sait laisser du temps à la montée du désir et de l’amour avec la réserve de l’authenticité, puis vient la fulgurance dans la tendresse des corps qui se cherchent et assouvissent leurs plaisirs extatiques dans un joli spectacle fait de courbes qui se mêlent, s’unissent, de grains de peau dont on sent le toucher, de baisers qui enflamment.

    L’érotisme c’est probablement ces scènes qui font discourir le spectateur en tant que sujet alors qu’elles appartiennent à notre intime en mêlant cette douce violence amoureuse à un troublant désir.

    Adèle, elle est grave. De cette gravité qui s’interroge devant chaque fait, chaque échange, chaque situation. Elle sait se taire, entendre et observer les flux de paroles qui assomment. Elle pourrait sembler passive, mais vit intensément chaque instant. Alors elle pleure, une larme qui coule sur un visage enfantin qui exprime souffrance ou désenchantement.

    adele

    Adèle Exarchopoulos est décidément une très grande actrice. On partage cette vie ordinaire avec elle, on vit les souffrances qu’elle exprime avec pudeur. La pudeur et la gravité sont les états qui la caractérisent, elle construit un personnage auquel on croit parce qu’il nous ressemble. On a hâte de la retrouver dans un personnage aussi simple et complexe et qui invite à l’empathie.

    Une histoire ordinaire d’une jeune fille puis d’une femme ordinaire.

    Une palme au Festival de Cannes pour une histoire d’homosexualité qui répondait à ces nombreuses manifestations qui leur refusait l’union. Ce film est une actualité contre une autre. Bienfaisante, car dans ce récit dont on oublierait presque les protagonistes et leur appartenance sexuelle, la beauté et l’amour sont sublimés.

    Cette sexualité différente est rendue banale tant elle respire l’authenticité de l’attirance et du rejet. On se laisse emporter doucement dans une histoire d’observation de la vie qui passe.

    « la vie d’Adèle » c’est une vie d’amour et d’abnégation.

    On est tenté d’oublier Léa Seydoux tant on voudrait que leur histoire se poursuive.

    on peut utilement consulter : http://www.purepeople.com/article/adele-exarchopoulos-divine-pour-abdel-kechiche-malgre-la-polemique_a130990/1


  • 9 mois ferme au cinéma

    Enfin, on rit à gorge déployée à voir le film d’Albert DUPONTEL au cinéma.

    Toujours un peu déjanté et c’est ce que l’on aime chez lui, comme on a aimé son autre film « enfermés dehors ».

    Des scènes inoubliables qui n’en finissent pas, comme celle du papy tué et tranché, terrible victime du globophile . Et la magnifique et fraîche Sandrine Kiberlain, qui sait amuser et séduire jusqu’à l’empathie. Un peu comme DUPONTEL qui sait effrayer de son regard noir, et séduire comme un enfant qui cherche ses repères.

    Bien sur on retrouvera son éternel ami, Bouli Lanners, de la bande des Belges, acteur inspiré dans la mouvance de l’école de CANAL.  Il joue ici un flic, rôle inhabituel mais qu’il interprète avec bonheur en maintenant un suspens hilarant lors de sa recherche de vidéosurveillance. Il chantait « sunny » dans le film AALTRA (à voir absolument).

    9 mois ferme

    Enfin, des scènes de véritable création, jouées par un acteur de talent, Nicolas Marié, avocat bègue, magistral et magnifique. Il faudra décidément se souvenir de lui. (ici en photo avec Dupontel et  Kiberlain).

    Dommage que ce film, finisse dans un happy end à l’américaine, avec un peu de retenue il est vrai.

    Dupontel, on reste fan, acteur déroutant, atypique, plein de surprises et réalisateur qui sait aussi utiliser tous les moyens que nous offrent les techniques vidéographiques. Vite faisons lui un succès mérité avant son enfouissement par la vague cinématographique du mercredi.

    Et n’hésitons pas à revoir ce grand acteur avec Gustave Kerven dans « le grand soir » et consulter :

    http://www.telerama.fr/cinema/films/9-mois-ferme,441042.php


  • RésidAnt ou résidEnt

    Ca y est maintenant, quel que soit l’article qu’on lise dans la presse, le mot résidAnt n’existe plus.

    orthographe

    Se prononçant de la même manière que son homonyme, il est mort, depuis peu de temps il est vrai, au profit du mot résidEnt. Donc tout le monde devient résidEnt d’un domicile, d’un lieu mais en fait il n’en fut pas toujours ainsi.

    Le résidEnt, avec un e, était une personne, française d’origine qui habitait régulièrement à l’étranger, ou un citoyen d’un pays qui vivait dans un autre pays. C’était un résidEnt souvent permanent. L’ambassadeur était souvent résidEnt du pays qui le recevait.

    Ce résidEnt, pouvait, il est vrai, habiter une résidEnce à l’étranger.

    Il en est ainsi de 569 résidEnts français au Maroc, qui votent pour Mme LE PEN, pourtant ils sont résidEnts. C’est un moyen mnémotechnique de se rappeler que ca s’écrit avec un e, puisque le mot Le Pen en comporte 2.

    Le résidAnt, avec un a, était une personne, de quelque origine qu’elle soit, qui habitait régulièrement un immeuble, un quartier. Un résidAnt étranger pouvait habiter une résidEnce. On disait, ce résidAnt habite telle ou telle résidEnce, sans faute d’orthographe.

    Aujourd’hui plus de distinction orthographique. Le mot résidEnce ne crée plus qu’un seul dérivé, le résidEnt.

    Si bien qu’on ne distingue plus le résidEnt français au Maroc, du Marocain résidAnt dans une cité de la banlieue, mais qui pourrait habiter une très belle résidEnce à Neuilly.
    Ainsi on doit aussi dire, bien que les conditions de logement soient différentes, les résidAnts de Clichy sous bois, étrangers ou français, manifestent pour une gestion plus efficace de leurs logement dans leur résidEnce du Chêne Pointu.

    Les journalistes, à l’épreuve des mots, les simplifient et perdent parfois leur signification originelle.

    Au fait originel n’a pas le même sens que le mot original, même si la racine est la même. Alors, il faut s’adapter.


  • Internet à l’horizontal

    Internet comme outil de communication ne nous rend pas plus intelligent, mais souvent plus savant y compris dans les domaines de la futilité.

    PG (2)

    En général, dans une recherche internet on ne part de rien, puis d’une idée, puis d’un sujet que l’on souhaite approfondir et enfin on trouve les mots associés au sujet.

    Jusque là, la pensée se poursuit comme avec un entonnoir, un chemin que l’on pourrait qualifier de descendant, vers un but, un sujet de plus en plus précis qui tend à se rétrécir pour enfin se formuler par des mots ou un mot au mieux.

    Cette recherche vise à affiner, préciser, elle ressort de l’intelligence cartésienne qui veut que l’on se dirige toujours d’éléments infiniment grands pour se diriger vers les plus petits.

    Une fois que l’on atteint une liste de sites, de verticale notre position devient horizontale. Alors on clique d’adresse en adresse, de synonymes en antonymes dans le meilleur des cas, de l’objet du sujet en passant par tous les environnements possibles du sujet recherché.

    In fine, il nous arrive de complètement nous perdre, être pris dans la toile, pour arriver à des domaines étrangers au sujet recherché mais qui rencontrent notre intérêt pour l’exotisme.

    Nous sommes alors dans l’horizontalité, et cette position ne nous permet pas d’approfondir.

    Au fond, cette position est confortable et la futilité ne relève-t-elle pas du plaisir ?


  • FIGURE

    ELLIPSE EN RECTANGLE

    Ce dessin ne relève ni de la culture ni de l’art. Ce n’est pas un cercle, il s’agit d’une spirale, c’est à dire une succession de quarts de cercle dont le centre est modifié. Un cercle tourne sur lui-même, il n’a pas de fin. C’est une simple figure géométrique.

    Une spirale se définira comme un cercle, non fermé, il s’ouvre. Pour ce faire, cette succession marque à chaque fois une évolution pour aller vers l’infiniment grand.

    Souvent les gens ont l’impression de se situer dans un des ces quarts de cercle qui semble ne pas évoluer et se fermer sur lui-même. Pourtant son centre a été déplacé sans qu’ils s’en aperçoivent. Les optimistes sauront y deviner le pas qui succède au cercle précédent. Ce sera enfin une spirale, nous en privilégierons une lecture qui part du centre pour aller vers l’extérieur.

    A y regarder de plus près on s’aperçoit que son rayon progresse vers la gauche.

    Cette spirale comme on le voit sur cette figure est aussi et surtout le résultat d’une succession de rectangles qu’on appelle rectangles d’or et dont le rapport des 2 cotés est de 1,618 c’est le nombre d’or. La pointe de l’angle de ce rectangle va devenir le centre d’un nouveau quart de cercle.

    ad vitam aeternam.