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  • Courage, Hollande, augmente la TVA et tu deviendras un vrai libéral

    L’augmentation de 0,4 % de la TVA au 1er janvier, n’est plus à l’ordre du jour. La gauche manifestante, n’en parle plus et la droite bien sur encore moins. C’est un impôt injuste, car proportionnellement il touche d’abord les foyers fiscaux les plus modestes, mais très rémunérateur.

    Le gouvernement fait des ronds de jambe à l’Europe pour montrer qu’elle fait le maximum pour contenir son déficit. Personne ne le croit et ils ont bien raison.

    Les citoyens en ont assez

    On augmente les impots pour les revenus 2013, puis on supprime la première tranche parce qu’on s’aperçoit que les très bas revenus vont se mettre à payer. Les classes moyennes vont donc continuer à payer plus. N’oublions pas qu’un foyer sur deux ne contribue pas par l’impôt sur les revenus. ça agace.

    On veut supprimer les allocations familiales pour les plus hauts revenus. Ca énerve.

    On augmente la taxe sur les tabacs, les boissons gazeuses. Et on oublie de signaler que la taxe sur les produits pétroliers augmente alors que le prix du baril de pétrole baisse de 20 %. Ca importune.

    Toutes ces mesurettes renflouent de 700 millions pour les allocations, quelques centaines de millions pour toute décision de nature à énerver.

    Le budget de la France a besoin de quelques dizaine de milliards pour se renflouer alors qu’on l’amuse piteusement avec des centaines de millions. Le gouvernement et son Président semblent ne pas être à la hauteur. Ils déclarent qu’ils ont obtenu 21 milliards d’économie. Il faut les aider.

    Observons les recettes fiscales de l’Etat.

    recettes_etat_2013

     

     

    Les récents 0,4 % d’augmentation de la Tva doivent générer 6 milliards de recettes supplémentaires. Voilà un chiffre qui commence à parler, mais étonnament ne fait pas parler. Rappelons nous que la TVA représente la moitié des recettes de l’Etat.

    Imaginons que l’on augmente la TVA de 2 %. Cela devrait générer 30 milliards de recettes supplémentaires. Cela ne devrait pas gêner la droite. Un peu la gauche, mais elle oublierait vite. Quant à l’Europe, elle n’intervient pas sur les mesures fiscales sur la consommation. Quant au commerce international, cela serait tout bénéfice pour la France qui exportera plus et importera moins.
    Evidemment cela était un argument de campagne de Sarkozy, mais qu’ importe puisqu’on va jusqu’à vouloir changer le nom du parti socialiste. Pourtant cela éviterait la déflation que tout le monde semble craindre.
    Alors qu’attend il ? Serait-ce un césure idéologique insurmontable ? On le dirait, pourtant on fait pire en multipliant les mesurettes qui mécontentent tout le monde. On serait un vrai gouvernement libéral.

    Quant à la dette, tout le monde sait qu’il suffirait de taxer le patrimoine. A hauteur de 17 % (voir article d’octobre 2013), le problème est résolu. Ah, oui, mais ça c’est du socialisme.

    Et puis, cerise sur le gâteau, si on taxait les transactions financières, cela produirait encore 6 milliards d’euros. Ah, oui, mais là c’est un peu de gauche

    Courrrez Valls et Hollande, le vieux monde est derrière vous.

     

     

     


  • Pacte de responsabilité : l’hypocrisie des signataires

    En France, le Président et ses conseillers ont décidé de convenir d’un échange, entre 30 milliards d’euros de réduction des charges et emplois.

    Donc les syndicats, MEDEF et représentants des salariés, ont négocié argent contre emplois.
    Alors les syndicats sont convenus, à quelques uns, MEDEF, CFDT, CFTC,CFE CGC, d’un « relevé de conclusions » qui renvoie la négociation dans les branches professionnelles.

    Pourtant la CFDT avait joué les gros bras en exigeant la veille que soit signé un engagement du patronat en nombre d’emplois.
    Puis plus rien.

    Alors, il faudra délocaliser les négociations, avec un syndicalisme dont la présence est faible.

    Et là, il ne se passera strictement rien, sauf dans les grandes entreprises qui auront à coeur à nouveau de communiquer sur leur éminent rôle social.

    Ainsi EDF créera 6 000 emplois, ce qui correspond à ses engagements avant Pacte, à peine au renouvellement des effectifs dû aux départ en retraite etc…

    GATTAZ

    Une entreprise ne crée pas d’emplois en contrepartie d’aides financières, elle crée des emplois en fonction de la demande du marché et de la recherche. La demande diminue, car globalement les revenus diminuent à cause du chômage, et la recherche stagne.

    En revanche une chose ne change pas, le pouvoir reste entre les mêmes mains, les conseils d’administration et les dirigeants grassement payés. Si l’on veut plus de démocratie, moins d’inégalités, il faut changer les pouvoirs de décision et les démocratiser. Il faut donner en échange de subventions, du pouvoir aux salariés et fixer un cadre législatif au niveau national.

    Personne ne revendique cet échange et tout le monde revendique un nombre d’emplois illusoire.

    Et le monde continue…


  • L’impossible mobilité professionnelle en France

    La mobilité professionnelle serait ainsi un des éléments essentiels dans la lutte contre le chômage et de la fameuse employabilité des salariés français. Pour être moderne il faut être flexible.

    Dans les faits, cette employabilité concerne deux acteurs décideurs de la situation de l’emploi, l’employé et l’employeur. Si l’on en oublie un, la solution risque de nous échapper  et pourtant, c’est ce que l’on fait allégrement en France.

    Le secteur de la formation que ce soit la formation initiale ou professionnel, est la source de l’employabilité  et la solution ultime à l’emploi, en France.

    Mais que juge-t-on du salarié ? Connaissance, qualification et comportement, voici les 3 concepts que nous rappelle la définition officielle concernant l’employabilité.

    En fait on porte un jugement sur des acquis qui sont les résultats de  la valorisation de la formation. C’est à dire que la formation va s’évaluer elle-même, sur des critères qui sont les siens. On n’évalue donc pas la personne sauf dans un des trois critères, le comportement, on  se contente de juger les connaissances et la qualification.

    Tout le système français repose sur l’histoire tangible de la personne à évaluer, et de cette histoire on déterminera de capacité à s’adapter. On ne saura jamais, comme l’œuf et la poule, si ce sont les employeurs par facilité qui ont érigé la formation comme un critère déterminant, ou les formateurs qui ont inspiré les employeurs en validant leurs propres critères.

    Il n’en reste pas moins vrai, à l’aune de l’observation, que l’employabilité d’un étudiant en histoire est considérée inférieure à l’employabilité d’un étudiant en commerce. Il est évident que c’est sur le curriculum vitae d’une personne qu’on évaluera sa capacité à tenir un emploi. Si vous avez travaillé comme cadre bancaire, on trouvera toute raison pour vous rendre impossible l’accès à cadre des assurances. Un informaticien ne se verra pas proposer un poste de graphiste.

    Quant aux ouvriers, devenir cadre est quasi impossible, et les employés, on les passe tous cadres pour éviter le débat, sauf les secrétaires, car le machisme reste une valeur sure en matière d’emploi.

    Ainsi le système se bloque sur les acquis formalisés.

    bocal

     

    Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce seront les personnes qui seront le moins qualifiées, ou disposant d’une expérience minimum qui seront le plus employables. Ainsi là encore, l’observation, nous permet d’envisager facilement l’adaptation d’un serveur, à un emploi de gestionnaire de stock, puis d’aide comptable.

    Mais s’il est diplômé en chaudronnerie, ou en électricité alors il ne pourra envisager d’autres métiers que ceux de la chaudronnerie ou de l’électricité.

    En revanche pour l’encadrement on constate qu’il existe deux voies. Une forte employabilité pour certains et extrêmement faible pour les autres. D’un polytechnicien, énarque ou diplômé de sciences politiques,  avec une expérience dans un domaine pointu, on fera tout de même un cadre de l’industrie, du tertiaire et même de la politique sans qu’aucun n’y vienne à redire. D’un master en finances, ou dans le commerce, alors on imagine mal qu’il en fut autrement que de la finance ou du commerce.

    En fait l’employabilité n’existe en France que pour les personnes peu qualifiées ou hyper qualifiées, l’élite. Pour la grande majorité des salariés, du contremaître dans l’industrie au cadre moyen dans le tertiaire, l’acquis et l’expérience au lieu d’ouvrir les portes soutiennent  le salarié comme la corde soutient le pendu.

    La moins forte employabilité étant celle des seniors, bien entendu.

    Dans le monde occidental, la France tient le record du conservatisme social et tue  l’imagination. On se contente d’évaluer une formation. Cette formation ne doit pas être un but mais seulement l’expression d’un moyen .  Et l’on confond but et moyen.

    INTELLIGENCE

    Mais qui gère ce système mortifère qui se reproduit, et empêche l’adaptation; qui décide in fine ?

    Ce sont les employeurs et les Directions des Ressources Humaines (DRH)

    Ce sont eux qui décident de ce soit disant manque d’employabilité des salariés français. Ce sont eux qui hiérarchisent la valeur des acquis et de l’expérience, car ce sont eux qui emploient.

    Ce carcan est mécanique, il reproduit et multiplie ce qu’il produit comme une machine.

    Il enferme et se renferme et nie le dynamisme naturel des personnes qui cherchent à découvrir, apprendre et comprendre. En France, les employeurs décident qu’un choix ou non choix à 15 ans, 18 ans vaut pour une vie toute entière. On naît peut être pompier, mais pas technico-commercial dans les photocopieurs.

    Et pourtant, tout manager, DRH ou chef d’entreprise sait ce qui fait la valeur d’un collaborateur. C’est avant tout son comportement et non ses acquis et qualifications.

    Une qualification cela peut toujours s’acquérir, un comportement en groupe avec les collègues, ou devant une décision à prendre c’est autrement plus difficile. Cela ne s’inscrit pas sur un diplôme. Mais il faut pour nos employeurs une rationalité tangible, sauf pour l’élite dont ils font partie. Seule cette élite peut choisir librement son emploi.

    Bien sur quelques uns réussiront à sortir de ce cercle infernal, mais regardons autour de nous, combien sont-ils ?

    Peu nombreux et souvent des accidents de parcours professionnels, des opportunités improbables.

    Ainsi, à l’inverse de la croyance qu’on inculque, ce sont souvent les salariés les moins mobiles mais les plus fidèles à leurs entreprises qui réussissent le mieux, une étude sociologique récente nous en a encore donné la preuve. Il faut cesser ces mensonges sur l’adaptabilité professionnelle.

    Aux USA, on valorise les salariés qui ont subi un échec de création d’entreprise, car cela est considéré comme une expérience enrichissante. En France, le salarié aura tout intérêt à se montrer discret, sinon penaud .

    La mobilité professionnelle, dans le contexte culturel français est un leurre et un mensonge qui ne sert qu’à ceux qui veulent maintenir un système conservateur, contrairement aux discours de dynamisme qu’ils entretiennent.

    C’est aux intelligences que l’employeur ou son DRH doivent s’adresser, ils le savent , et pourtant ils les condamnent. Ils décident inconsciemment de conserver ce système d’évaluation suranné mais bien français.

    La formation des entrepreneurs et des DRH devrait commencer par une formation à la flexibilité intellectuelle.

    Décidément un chef d’entreprise ne fera jamais un bon chroniqueur, tout au plus un DRH.

     

     

     

     

     

     


  • Quand le corps se vend

    Un grand nombre de métiers en France présentent des risques. Sans vouloir évoquer le 19 éme siècle et son cortège de mineurs atteints de la silicose, il existe aujourd’hui des professions à risque qui mettent en péril l’intégrité des personnes.

    Nous pensons naturellement à ces employés de sous traitants EDF au risque des radiations, travaillant dans les centrales nucléaires, d’ouvriers encore à la chaîne au risque de traumatisme Musculo Squelettique, comme les caissières d’ailleurs, nous pensons aux ouvriers soumis à des émanations toxiques, aux chauffeurs de bus en ville qui passent leur à respirer des particules fines, des métiers médicaux qui se soumettent au risque de la maladie…Tous ces gens qui, oserons nous, vendent leur corps, l’expose à des périls contre une rémunération, un salaire.

    Ils subissent le rythme quotidien des salariés, soumis à des horaires répétitifs, de nuit comme de jour, souvent lassés.

    Ces métiers sont exposés à d’autres contraintes, plus psychologiques, comme les risques psycho sociaux où les femmes et les hommes soumettent leur équilibre mental à l’entreprise, allant pour certains jusqu’à l’ultime, le suicide. Ils sont aussi bien ouvriers que cadres supérieurs soumis au chantage à l’emploi, à l’abnégation devant des attitudes hostiles, à leur perte de repères et de valeurs.

    En un mot, de nombreuses femmes et hommes souffrent de leurs conditions de travail. Le travail est aussi une activité servile respectueuse de l’autorité d’un Maitre. Les cadres supérieurs ou les dirigeants sont soumis au diktat de financiers qui eux même sont soumis aux actionnaires. Le travail qu’on a cru longtemps libérateur pour les femmes, en conférant indépendance financière et morale, est source également d’exploitation du corps et de l’âme (un grand mot).

    Nos corps et nous même nous vendons, à un certain prix, le plus élevé possible, pour accepter ces contraintes. Cela relève d’une grande servilité que celle qui consiste à se taire ou à mentir devant l’autorité, à s’interdire de justes colères, à se lever quand le sommeil vous manque, à faire montre de respect quand la hiérarchie n’inspire que mépris, et tout cela contre de l’argent.
    L’argent corrompt.

    343

    C’est à l’aune de ces contraintes contre salaire qu’il convient d’analyser la situation des prostituées. Que font elles de plus que d’accepter des contraintes morales et physiques contre rémunération.

    Les contraintes de temps et de lieu sont les mêmes que celles des salariés, les contraintes morales, d’acceptation de la servilité sont les mêmes. Seul l’objet, l’endroit, le lieu physique de l’expression de la contrainte diffèrent. Il s’agit du sexe.

    Pas, de la main ou du bras de l’ouvrier, pas de la pensée refoulée, non, d’un objet que nos sociétés considèrent comme sacré, le sexe.
    C’est pourquoi, chez nos bien pensants et les féministes judéo chrétiennes, il convient de condamner la prostitution et chez les 343 pétitionnaires, un brin provocateurs, de l’élever à un niveau qu’elle ne mérite pas.

    Le métier de la prostitution est un métier comme un autre sauf qu’il sacrifie le sexe, tabou pour les sociétés occidentales comme orientales.
    Les contempteurs de la prostitution s’attachent à des valeurs traditionnelles et hypocrites, et veulent maintenant punir celui qui a pêché, comme certaines féministes qui ne veulent que punir le mâle, ici fort bien représenté par les 343 (dont Bedos et Caubère, malheureusement).

    Quand aux « 343 salauds », ils ne font que valoriser désir et plaisir de l’homme sans s’interroger sur celui des femmes qui les accueillent. C’est ni plus ni moins qu’un mouvement purement phallocratique, machiste qui s’interdit de penser aux rapports d’exploitation qu’ils entretiennent, de penser tout simplement à l’autre quand il ou elle ne désire pas.

    Cette morale qui repousse la prostitution comme cette jouissance purement individualiste ne répondent pas aux attentes d’un société moderne et respectueuse.

    Les prostituées, c’est comme les Roms, elles ne sont pas plus de 20 000 en France, mais 400 000 en Allemagne, pays beaucoup plus libéral en matière de mœurs.

    Ce métier, comme tous les métiers doit être respecté, on doit laisser à ces hommes ou ces femmes leur liberté de se vendre, comme la liberté d’acheter.

    Certaines et certains considèrent que leur corps a un prix. Ce prix doit pouvoir être acceptable par le demandeur pour que la transaction se fasse, et elle se fait depuis des millénaires.

    Seul le métier de proxénéte doit être puni. Pourquoi doit-on les punir plus que les patrons? Parce que leur système de contraintes est bien pire, ils agissent physiquement contre la volonté de leurs salariés. Au fond, ils ne respectent ni la liberté d’installation des commerçants et des artisans ni les progrès apportés par le code du travail.

    Que les libéraux de droite se réjouissent de la liberté et que les traditionnalistes de gauche ou de droite se modernisent et soient en accord avec les règles de la société auxquelles ils se soumettent. Il est nécessaire de respecter la loi de l’offre et de la demande dans cette société et savoir aller « au delà du bien et du mal ».

    Que la loi ne se mêle pas de nos choix et qu’elle cesse d’abuser de son pouvoir répressif.
    Marre des interdits. –

    consultez : http://www.liberation.fr/societe/2013/10/30/les-343-salauds-enflamment-le-debat-sur-la-prostitution_943509