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  • Quand le corps se vend

    Un grand nombre de métiers en France présentent des risques. Sans vouloir évoquer le 19 éme siècle et son cortège de mineurs atteints de la silicose, il existe aujourd’hui des professions à risque qui mettent en péril l’intégrité des personnes.

    Nous pensons naturellement à ces employés de sous traitants EDF au risque des radiations, travaillant dans les centrales nucléaires, d’ouvriers encore à la chaîne au risque de traumatisme Musculo Squelettique, comme les caissières d’ailleurs, nous pensons aux ouvriers soumis à des émanations toxiques, aux chauffeurs de bus en ville qui passent leur à respirer des particules fines, des métiers médicaux qui se soumettent au risque de la maladie…Tous ces gens qui, oserons nous, vendent leur corps, l’expose à des périls contre une rémunération, un salaire.

    Ils subissent le rythme quotidien des salariés, soumis à des horaires répétitifs, de nuit comme de jour, souvent lassés.

    Ces métiers sont exposés à d’autres contraintes, plus psychologiques, comme les risques psycho sociaux où les femmes et les hommes soumettent leur équilibre mental à l’entreprise, allant pour certains jusqu’à l’ultime, le suicide. Ils sont aussi bien ouvriers que cadres supérieurs soumis au chantage à l’emploi, à l’abnégation devant des attitudes hostiles, à leur perte de repères et de valeurs.

    En un mot, de nombreuses femmes et hommes souffrent de leurs conditions de travail. Le travail est aussi une activité servile respectueuse de l’autorité d’un Maitre. Les cadres supérieurs ou les dirigeants sont soumis au diktat de financiers qui eux même sont soumis aux actionnaires. Le travail qu’on a cru longtemps libérateur pour les femmes, en conférant indépendance financière et morale, est source également d’exploitation du corps et de l’âme (un grand mot).

    Nos corps et nous même nous vendons, à un certain prix, le plus élevé possible, pour accepter ces contraintes. Cela relève d’une grande servilité que celle qui consiste à se taire ou à mentir devant l’autorité, à s’interdire de justes colères, à se lever quand le sommeil vous manque, à faire montre de respect quand la hiérarchie n’inspire que mépris, et tout cela contre de l’argent.
    L’argent corrompt.

    343

    C’est à l’aune de ces contraintes contre salaire qu’il convient d’analyser la situation des prostituées. Que font elles de plus que d’accepter des contraintes morales et physiques contre rémunération.

    Les contraintes de temps et de lieu sont les mêmes que celles des salariés, les contraintes morales, d’acceptation de la servilité sont les mêmes. Seul l’objet, l’endroit, le lieu physique de l’expression de la contrainte diffèrent. Il s’agit du sexe.

    Pas, de la main ou du bras de l’ouvrier, pas de la pensée refoulée, non, d’un objet que nos sociétés considèrent comme sacré, le sexe.
    C’est pourquoi, chez nos bien pensants et les féministes judéo chrétiennes, il convient de condamner la prostitution et chez les 343 pétitionnaires, un brin provocateurs, de l’élever à un niveau qu’elle ne mérite pas.

    Le métier de la prostitution est un métier comme un autre sauf qu’il sacrifie le sexe, tabou pour les sociétés occidentales comme orientales.
    Les contempteurs de la prostitution s’attachent à des valeurs traditionnelles et hypocrites, et veulent maintenant punir celui qui a pêché, comme certaines féministes qui ne veulent que punir le mâle, ici fort bien représenté par les 343 (dont Bedos et Caubère, malheureusement).

    Quand aux « 343 salauds », ils ne font que valoriser désir et plaisir de l’homme sans s’interroger sur celui des femmes qui les accueillent. C’est ni plus ni moins qu’un mouvement purement phallocratique, machiste qui s’interdit de penser aux rapports d’exploitation qu’ils entretiennent, de penser tout simplement à l’autre quand il ou elle ne désire pas.

    Cette morale qui repousse la prostitution comme cette jouissance purement individualiste ne répondent pas aux attentes d’un société moderne et respectueuse.

    Les prostituées, c’est comme les Roms, elles ne sont pas plus de 20 000 en France, mais 400 000 en Allemagne, pays beaucoup plus libéral en matière de mœurs.

    Ce métier, comme tous les métiers doit être respecté, on doit laisser à ces hommes ou ces femmes leur liberté de se vendre, comme la liberté d’acheter.

    Certaines et certains considèrent que leur corps a un prix. Ce prix doit pouvoir être acceptable par le demandeur pour que la transaction se fasse, et elle se fait depuis des millénaires.

    Seul le métier de proxénéte doit être puni. Pourquoi doit-on les punir plus que les patrons? Parce que leur système de contraintes est bien pire, ils agissent physiquement contre la volonté de leurs salariés. Au fond, ils ne respectent ni la liberté d’installation des commerçants et des artisans ni les progrès apportés par le code du travail.

    Que les libéraux de droite se réjouissent de la liberté et que les traditionnalistes de gauche ou de droite se modernisent et soient en accord avec les règles de la société auxquelles ils se soumettent. Il est nécessaire de respecter la loi de l’offre et de la demande dans cette société et savoir aller « au delà du bien et du mal ».

    Que la loi ne se mêle pas de nos choix et qu’elle cesse d’abuser de son pouvoir répressif.
    Marre des interdits. –

    consultez : http://www.liberation.fr/societe/2013/10/30/les-343-salauds-enflamment-le-debat-sur-la-prostitution_943509